L’HISTORIQUE & L’ADN DES HALLES

L’église Saint-Géry qui s’élevait au centre des îles formées par les bras de la Senne accueillit les reliques de sainte Gudule avant qu’elles soient transférées, au milieu du XIe siècle, dans la future cathédrale qui porte aujourd’hui son nom. L’édifice gothique de la fin du Moyen Age fut démoli entre 1798 et 1801, sous le Régime français.

À son emplacement, la Ville fit aménager une place publique au centre de laquelle fut érigée en 1802 une fontaine pyramidale datant de 1767 et provenant de la cour principale de l’abbaye de Grimbergen. Cette place accueillit plusieurs marchés.

1881 vit le début de la construction des Halles, œuvre de l’architecte A. Vanderheggen Elles furent inaugurées en 1882 et abritaient alors quatre rangées de doubles étals et un comptoir de vente.

Le marché Saint-Géry continua ses activités de nombreuses années, mais délaissé de plus en plus par les commerçants après la seconde guerre mondiale, il fut finalement fermé le 28 février 1977.

Remarquable témoin de l’architecture des marchés couverts alliant un extérieur de style néo-renaissant flamand et un intérieur faisant appel aux techniques de l’ossature métallique, il compte aujourd’hui au nombre des édifices classés de la région bruxelloise depuis le 21 janvier 1987.

Depuis avril 1999, les Halles Saint-Géry accueillent un centre d’information et d’exposition consacré au patrimoine et au cadre de vie des Bruxellois, placé sous l’égide de la Région de Bruxelles-Capitale.

 

AGORA BRUXELLOISE

Les Halles Saint-Géry sont une Agora emblématique dédiée à ce qui a fait et continue de singulariser la Région de Bruxelles-Capitale.

Centre d’expositions et de manifestations basé en plein cœur du pentagone, monument classé, les Halles incarnent l’un des symboles majeurs de la Région. L’institution qui l’anime a pour mission de valoriser les traits de démarcation du patrimoine du cadre de vie bruxellois et de son identité urbaine. Il contribue à la connaissance des patrimoines matériels et immatériels, à la valorisation tout autant des biens conservés, qu’aux significations que les individus leurs attachent et à ce qu’ils représentent. Depuis sa création, les HSG traduisent une certaine vision de la Cité, une cité ouverte et pluriculturelle. Les HSG sont les archivistes de ce qui fait vibrer la Région de Bruxelles capitale.

La Halles S-G Touch se révèle être le parti pris résolu au profit de l’insolite et de l’inédit : de l’intime à l’officiel, de l’underground au consacré. L’approche qui y est défendue se veut résolument ancrée dans son époque.

Agora populaire, elles donnent à découvrir le « Spécimen Bruxelles » dans son origine et ses mutations. Une Région irriguée de communautés patrimoniales plurielles irréductible à un dénominateur commun – qui intrigue autant qu’elle fascine constituée d’une Capitale irrévérencieuse devenue « Ville Mondiale ».

Espace unique en son genre, elles s’engagent au bénéfice d’une vision inclusive du patrimoine en déployant une programmation hybride composée d’expositions, de salons, de conférences, de journées d’études, de performances, de concerts, de développement de contenus numériques… Elles contribuent à tisser des synergies entre les composantes d’une Région aux multiples facettes. Pôle ressource, elles rassemblent différents bureaux d’information, comme le Centre Urbain.

Par leur architecture exceptionnelle, elles offrent un cadre hautement symbolique au bénéfice de manifestations initiées par des opérateurs publics et privés. Dotées d’une librairie rassemblant des ouvrages référents sur la Région de Bruxelles émanant de la Direction des Monuments et Sites entre autres, les Halles mènent également une politique éditoriale qui se manifeste par la publication d’un fanzine papier et virtuel et d’éditions ponctuelles et ce en partenariat avec le réseau académique et des collectifs d’artistes. Elles gèrent un site internet sur lequel popcaster des contenus en accès libre.

En phase avec la société civile, elles entreprennent un important travail de médiation.

Les Halles Saint-Géry sont soutenues par un cercle de mécènes, le Heritage Club, soucieux de favoriser tout ce qui nous fédère et nous singularise.

Basées au cœur même de Bruxelles, dans un quartier qui fut le théâtre de l’édification de la capitale – L’Ilot Saint – Géry; le programme des HSG se déploient sur plus de 2 000m2 de salles d’expositions à l’ossature métallique ; elles sont ouvertes de 10HOO à 2HOO, 7 jours sur 7, fréquentées par plus de 250 000 visiteurs par an. Leurs expositions gratuites sont accessibles jusque 18h – avec le jeudi des nocturnes en mezzanine jusqu’à 22h. Le Café des Halles – bar / resto – est accessible en journée et en soirée et propose une carte composée de produits made in Région de Bruxelles.

Cofinancées par la Région de Bruxelles-Capitale, Direction des Monuments et Sites – soutenues par la Ville de Bruxelles. Leur financement repose sur un mode mixte public / privé, notamment grâce au mécénat d’entreprises, à des privatisations et à son Heritage Club entre autres.

NOS ENGAGEMENTS

  1. VALORISER UNE VISION GLOBALE DU PATRIMOINE

Le patrimoine culturel constitue un ensemble de ressources héritées du passé que des personnes considèrent, par-delà le régime de propriété des biens, comme un reflet et une expression de leurs valeurs, croyances, savoirs et traditions, en continuelle évolution. Convention de Faro

La question du patrimoine revêt une dimension fondamentale dans nos sociétés contemporaines mondialisées et multiculturelles. Elle constitue à l’heure et plus que jamais tout sauf un enjeu atrophié.

Elle pose la question essentielle de nos valeurs, de ce que nous sommes et de ce qui nous constitue. Tout comme, elle préfigure les identités et directions de nos sociétés en devenir.

Qui a autorité, qui décide et au bénéfice de qui de quoi de consacrer, protéger et valoriser? Que serait-il noble de remémoration de ce qui ne le serait pas ? Quelle culture serait-elle considérée comme digne de celle qui le serait moins ? Quelles traditions, quelles histoires racontons-nous et perpétuons-nous? Quel regard lourdement impactant portons-nous sur ce que nous sommes et fondons.

Sans cesse à réactiver, cette question s’avère des plus actuelles. Elle est au cœur de l’action des Halles Saint-Géry.

  1. DÉVELOPPER UNE VISION TRANSVERSALE ET INTERCONNECTÉE DES QUESTIONS LIÉES AUX ENJEUX DU PATRIMOINE ET À L’ART DE VIVRE

La question du patrimoine s’inscrit au croisement d’enjeux politiques, socio-économiques et environnementaux. Dans la construction de quelle identité culturelle individuelle et dans quel projet collectif s’inscrit t-elle ?

La Région de Bruxelles est l’un des signataires de la Convention-cadre de Faro – entrée en vigueur le 1er juin 2011 – qui porte sur la valeur du patrimoine culturel pour la société et qui met en évidence la transversalité des enjeux liés à la question du patrimoine.

Cette convention a modifié la manière de concevoir le patrimoine.

Le texte formalise, et ce parmi plusieurs engagements importants – la notion du « droit individuel au patrimoine culturel » considéré comme inhérent au droit de participer à la vie culturelle.

Le capital culturel européen y est considéré tant comme une source que comme une ressource pour l’exercice des libertés, pour le développement de la société, pour la diversité culturelle et pour le dialogue interculturel.

Source: Décret du 2 juillet 2015 portant assentiment à la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société, faite à Faro le 27 octobre 2005, M.B., 14 juillet 2015
Source: Décret du 2 juillet 2015 portant assentiment, en ce qui concerne les compétences de la Communauté française dont l’exercice a été transféré à la Région wallonne, à la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société, faite à Faro le 27 octobre 2005, M.B., 14 juillet 2015

  1. OPTIMISER UNE APPROPRIATION INDIVIDUELLE DE LA QUESTION PATRIMONIALE

L’importance du patrimoine tient tout autant aux valeurs matérielles conservées et valorisées qu’aux significations que les individus leurs attachent et à ce qu’elles représentent.

Depuis quelques années, la notion de « nouveau patrimoine » bouleverse les paradigmes d’appréhension de cette matière. Elle situe l’enjeu majeur non plus exclusivement au niveau de la conservation mais bien sur celui de « l’héritage ». L’enjeu ne se réduirait donc plus uniquement à ce que nous souhaitons transmettre mais – et c’est loin d’être négligeable – à l’appréhension de tout ce qui fait héritage.

Si longtemps, la question a semblé être celle de savoir- le plus souvent à l’échelon étatique, quoi conserver, à l’heure actuelle, la démarche est différente.

La notion de nouveau patrimoine impose de découvrir ce que les populations elles-mêmes considèrent majeurs dans leurs environnements, indépendamment du fait que ces éléments soient ou non susceptibles de figurer dans de prestigieux inventaires nationaux dont la valeur ne saurait être niée. Cette notion impose d’être en phase avec les populations tout comme avec le changement. Si elle intègre bien la question de la préservation de biens et paysages, elle entend la transcender et y additionner une vision qui intègre ce qui  auparavant pouvait souffrir de marginalisation voire même de déclassement.

Ce faisant, la prise de conscience patrimoniale n’est plus l’exclusive de cénacles d’experts mais l’affaire de tous. Cette prise de conscience engage la question du vivre ensemble, de ce qui en représente le terreau tout comme les lignes de force.

4. CONNECTER LES ENJEUX DU PATRIMOINE À L’ERE DU NUMÉRIQUE.

Dire que l’avènement des secteurs de l’internet et des télécommunications a métamorphosé notre approche de la réalité procède de l’euphémisme. L’environnement numérique ouvre un espace de partage et de mémoire inédit. Il permet une approche augmentée de la réalité.

L’utilisation des techniques numériques peut incontestablement améliorer l’accès au patrimoine culturel. Il peut amener à l’élaboration d’une mémoire collective accessible au plus grand nombre. Les audiences des espaces dédiés traditionnellement au patrimoine et à la culture se confinent encore trop souvent en des temples dont l’accès semble réservé à quelques initiés. Les frontières physiques sont trop rarement dépassées par ceux dont le capital culturel ne prédispose pas à les franchir. La révolution numérique – entre autres par l’explosion des frontières physiques – offre une opportunité précieuse pour désacraliser et ouvrir des espaces consacrés. Elle impose de développer des propositions adéquates et en phase avec les nouveaux modes d’utilisation et d’exploitation de l’information.

Mener une stratégie numérique ne peut se résumer à la mise en ligne de contenus préexistants. Il s’agit pour les Halles de contribuer à en créer d’exclusifs, sur base en autres d’une politique qui intègre les logiques de mutualisation et d’en assurer une exploitation inédite.

De nombreuses plateformes liées aux enjeux du patrimoine existent d’ores et déjà, comme Gallica, Minerva, Michael, Agamemnon, Strabon… toutes sont basées sur le partage de bonnes pratiques et permettent d’améliorer la connaissance et la coopération portant sur les enjeux de la conservation et de la valorisation de l’héritage.

Patrimoine et Culture ASBL

23, Place Saint-Géry
1000 Bruxelles
Tel: 02 502 44 24

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